Une clé de lecture

Les nombres p-adiques

Une autre manière de mesurer la proximité, fondée sur la divisibilité par un premier.

Être proche, autrement

Fixons un nombre premier pp. Pour un rationnel non nul xx, on écrit x=pka/bx=p^k a/b, où aa et bb ne sont pas divisibles par pp. On définit

vp(x)=k,xp=pk.v_p(x)=k,\qquad |x|_p=p^{-k}.

On pose aussi 0p=0|0|_p=0. Deux nombres sont proches si leur différence est divisible par une grande puissance de pp.

Exemple

Pour p=5p=5, les nombres 11 et 126126 sont proches : leur différence est 125=53125=5^3, donc leur distance 55-adique vaut 1/1251/125. La taille usuelle de leur différence n’est plus le critère.

Compléter les rationnels

Comme R\mathbb R complète Q\mathbb Q pour la distance usuelle, le corps Qp\mathbb Q_p le complète pour la distance pp-adique. Les suites de Cauchy y trouvent leurs limites.

Une particularité est l’inégalité ultramétrique :

x+ypmax(xp,yp).|x+y|_p\leq\max(|x|_p,|y|_p).

Elle impose une géométrie différente de celle de la droite réelle.

Pourquoi raisonner premier par premier

Un problème défini sur Q\mathbb Q peut être examiné dans chaque Qp\mathbb Q_p et dans R\mathbb R. Ces regards locaux apportent des contraintes utiles. Mais vérifier des conditions locales ne suffit pas toujours à construire une solution rationnelle globale : c’est précisément l’une des difficultés de l’arithmétique.

Retrouver cette notion